Essoufflement, épuisement, impression de ne plus récupérer comme avant : la fatigue après une embolie pulmonaire peut surprendre et inquiéter. Elle a pourtant des causes précises, liées au cœur, aux poumons et au mental. Comprendre ses mécanismes aide à reprendre la main. Vous trouverez ici des explications claires et des gestes simples pour retrouver de l’énergie, étape par étape.
💡 À retenir
- Selon l’OMS, l’embolie pulmonaire est responsable de 10-30% des décès liés à des maladies cardiovasculaires.
- La fatigue peut persister des semaines après un épisode d’embolie pulmonaire.
- Les exercices de réhabilitation respiratoire peuvent aider à réduire la fatigue.
Qu’est-ce que l’embolie pulmonaire ?
L’embolie pulmonaire survient quand un caillot de sang obstrue une artère des poumons et limite l’apport d’oxygène. Elle s’inscrit dans le cadre de la thromboembolie veineuse, souvent à partir d’une phlébite formée dans une jambe qui migre vers le poumon. Les formes varient d’un petit caillot, peu symptomatique, à une atteinte massive menaçant le pronostic vital.
Le risque n’est pas anodin. Selon l’OMS, elle représente 10-30% des décès liés aux maladies cardiovasculaires. Un diagnostic rapide et une prise en charge adaptée réduisent fortement la mortalité et les séquelles. Après le traitement initial, la récupération demande du temps, et la fatigue fait partie des effets fréquents.
Définition et causes
Le plus souvent, l’embolie pulmonaire provient d’une thrombose veineuse profonde (TVP) des membres inférieurs. Plusieurs facteurs favorisent la formation d’un caillot : immobilisation prolongée, chirurgie récente, cancer, grossesse, contraceptifs contenant des œstrogènes, antécédents familiaux, surcharge pondérale, tabac. Des déclencheurs comme un long voyage assis, la déshydratation ou un traumatisme peuvent participer au tableau.
Dans certains cas, aucune cause claire n’est identifiée. Un bilan peut rechercher un trouble de la coagulation, un problème cardiaque ou une maladie inflammatoire. L’objectif est de réduire le risque de récidive et d’optimiser le suivi.
Les symptômes de l’embolie pulmonaire
Les signes dépendent de la taille et de la localisation du caillot. L’essoufflement soudain, la douleur thoracique en point de côté qui augmente à l’inspiration et une fréquence cardiaque rapide sont typiques. Parfois, la fièvre est modérée, ou la saturation en oxygène baisse légèrement, ce qui nourrit la sensation d’épuisement.
Le tableau peut être discret, en particulier chez les personnes âgées ou déjà limitées par une maladie respiratoire. À l’inverse, une forme sévère peut provoquer un malaise, une chute de tension ou des crachats sanglants. En cas de doute, appelez les urgences sans attendre.
Symptômes à surveiller
- Dyspnée soudaine avec sensation de manquer d’air au repos ou à l’effort
- Douleur thoracique augmentée à l’inspiration ou à la toux
- Tachycardie, palpitations, malaise
- Toux irritative, parfois avec traces de sang
- Gonflement douloureux d’une jambe, chaleur ou rougeur évoquant une TVP
La fatigue après une embolie pulmonaire

La fatigue après une embolie pulmonaire est fréquente. Elle peut durer plusieurs semaines, parfois plus, même quand les examens s’améliorent. Le corps a besoin de récupérer après l’épisode aigu, et les poumons réapprennent à exploiter l’oxygène de manière efficace.
Plusieurs mécanismes se cumulent. Les poumons ventilent moins bien certaines zones, le cœur droit fournit un effort supplémentaire, l’inflammation consomme de l’énergie, et l’inquiétude perturbe le sommeil. Les médicaments anticoagulants ne fatiguent pas directement, mais une anémie associée ou un manque d’activité peut majorer l’épuisement.
Cette fatigue n’est pas un signe d’échec. Elle reflète un processus de guérison et un besoin de doser l’effort. L’écoute du corps aide à éviter le « trop d’un coup » qui entretient l’essoufflement et l’abattement.
Lien entre embolie pulmonaire et fatigue
Sur le plan physiologique, le caillot crée un déséquilibre entre ventilation et perfusion. Certaines zones du poumon reçoivent de l’air, mais peu de sang, ce qui limite l’oxygénation et favorise l’hypoxémie à l’effort. Le cœur droit peut subir une contrainte transitoire, rendant les montées d’escalier plus éprouvantes.
Sur le plan fonctionnel, le repos imposé au début entraîne un déconditionnement musculaire. Le moindre effort coûte plus d’énergie, et le cercle fatigue-inaction se met en place. Enfin, l’anxiété et l’hypervigilance corporelle amplifient la perception d’essoufflement. On parle parfois de syndrome post-embolie pulmonaire, où la récupération nécessite un accompagnement respiratoire et une reprise d’activité progressive.
Comment gérer la fatigue ?
Le cap à tenir : avancer à petits pas réguliers. Pour gérer la fatigue liée à une embolie pulmonaire, combinez une reprise d’activité douce, une réhabilitation respiratoire, une hygiène de sommeil soignée et un suivi médical personnalisé. Les signaux d’alerte justifiant une consultation rapide sont une douleur thoracique nouvelle, un essoufflement qui s’aggrave, des crachats sanglants ou un mollet qui gonfle.
Un programme simple aide à se remettre en mouvement. Par exemple : 10 à 15 minutes de marche lente 5 jours par semaine, puis +10% de durée chaque semaine si les symptômes restent stables. Ajoutez des exercices respiratoires et quelques mouvements de renforcement des jambes à la maison.
Conseils pour améliorer la qualité de vie
- Suivre une réhabilitation respiratoire : respiration diaphragmatique 5 minutes, 2 à 3 fois/jour, et travail des muscles inspiratoires si prescrit.
- Mettre en place une progression graduée de l’activité : alterner 2 minutes d’effort, 1 minute de repos, puis rallonger progressivement.
- Optimiser le sommeil : heures fixes, chambre sombre et fraîche, siestes courtes de 20 minutes maximum si besoin.
- Vérifier les causes aggravantes avec le médecin : fer, vitamine D, thyroïde, adaptation des anticoagulants.
- Soutenir le mental : techniques de respiration, cohérence cardiaque, groupe de parole, exercices d’ancrage 5 minutes/jour.
Prévention de l’embolie pulmonaire
Réduire le risque passe par un ensemble d’habitudes et un traitement bien suivi quand il est indiqué. La prévention de l’embolie pulmonaire vise à limiter la formation de caillots, à détecter précocement une phlébite et à éviter les périodes d’immobilité prolongée. Une revue régulière des facteurs personnels avec le médecin est utile, notamment contraception, antécédents familiaux et poids.
Après un premier épisode, la durée des anticoagulants dépend du contexte. Le respect des prises, l’évaluation du risque de saignement et l’éducation aux signes d’alerte font la différence. Lors de voyages, d’hospitalisations ou de chirurgies, discutez en amont des mesures adaptées.
Stratégies préventives
- Bouger souvent en journée : levées régulières, flexion-extension des chevilles, mini-marches de 5 minutes.
- Boire suffisamment et éviter l’alcool avant un long trajet ; mobiliser les jambes toutes les 30 minutes.
- Utiliser des bas de contention si prescrits, à la bonne taille, surtout en voyage ou après une chirurgie.
- Observer scrupuleusement le traitement par anticoagulants ; contrôles sanguins adaptés en cas d’AVK.
- Appliquer la thromboprophylaxie en milieu hospitalier : lever précoce, injections préventives si besoin, exercices de respiration.