Vos analyses montrent des alat élevés et des gamma GT hors normes et vous vous demandez ce que cela signifie concrètement. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des causes fréquentes et réversibles. En comprenant d’où vient l’élévation et en agissant sur quelques leviers clés, il est souvent possible de faire redescendre ces enzymes en quelques semaines. Voici un guide clair et pratique pour y parvenir.
💡 À retenir
- Environ 20% des adultes peuvent avoir des gamma GT élevés sans symptômes
- Une consommation excessive d’alcool est un facteur majeur d’augmentation des gamma GT
- Des études montrent que des modifications alimentaires peuvent réduire les niveaux d’enzymes hépatiques
Qu’est-ce que l’alat et le gamma GT ?
Les ALAT et les gamma GT sont des enzymes mesurées lors d’un bilan hépatique. Les ALAT (ALT) se trouvent surtout dans les cellules du foie. Elles s’élèvent quand ces cellules sont irritées ou endommagées. Les Gamma GT (GGT) sont présentes dans les voies biliaires et réagissent notamment à l’alcool, à certains médicaments et aux problèmes d’écoulement de la bile.
Des valeurs supérieures à la limite du laboratoire ne signifient pas forcément une maladie grave. Un effort physique intense, une infection passagère ou une prise ponctuelle de médicaments peuvent transitoirement augmenter ces enzymes. Le contexte clinique, les autres paramètres du bilan et l’évolution dans le temps guident l’interprétation. Quand on parle d’alat élevés, on évalue toujours la cause potentielle et la tendance sur plusieurs semaines.
Définition de l’alat
L’ALAT est une transaminase impliquée dans le métabolisme des acides aminés. Elle se libère dans le sang quand les hépatocytes sont agressés. Une hausse modérée peut survenir après une gastro-entérite, une séance de musculation inhabituelle ou dans un contexte de stéatose hépatique. Des alat élevés persistants orientent plutôt vers une atteinte métabolique, virale, médicamenteuse ou auto-immune à explorer selon les signes associés.
Définition du gamma GT
La GGT participe au métabolisme du glutathion, un système antioxydant clé. Elle est très sensible aux consommations d’alcool répétées et aux inductions enzymatiques. À noter, environ 20 % des adultes peuvent présenter une GGT augmentée sans symptôme, ce qui en fait un marqueur à interpréter avec le reste du bilan et les habitudes de vie.
Causes des taux élevés d’alat et de gamma GT
Les causes les plus courantes d’alat élevés et de GGT hautes sont la stéatose hépatique d’origine métabolique (souvent liée à une alimentation riche en sucres ajoutés et à la sédentarité) et la consommation d’alcool. Viennent ensuite certains médicaments, les hépatites virales B et C, les maladies auto-immunes, les troubles thyroïdiens et des facteurs plus rares comme la surcharge en fer.
Les GGT réagissent particulièrement à l’alcool et aux problèmes biliaires. Une cholestase, des calculs ou une maladie des voies biliaires peuvent les faire monter. L’exercice très intense, une perte de poids brutale, ou des compléments non contrôlés peuvent aussi influencer le bilan. Chez une personne avec alat élevés et surpoids abdominal, la piste métabolique est prioritaire.
Facteurs de risque
- Consommation d’alcool même modérée mais régulière, et plus encore en cas d’excès le week-end
- Stéatose hépatique non alcoolique, syndrome métabolique, tour de taille augmenté
- Médicaments hépatotoxiques ou inducteurs enzymatiques, et automédication prolongée
- Hépatites virales, maladies auto-immunes, surcharge en fer ou en cuivre
- Hypothyroïdie, apnée du sommeil, exposition professionnelle à des solvants
Conséquences sur la santé

Des alat élevés répétés signalent un stress pour le foie. À long terme, l’irritation chronique peut favoriser l’accumulation de graisse, l’inflammation puis la cicatrisation du tissu hépatique. Dans certains cas, cela évolue vers une fibrose voire une cirrhose, surtout si plusieurs facteurs de risque se cumulent.
Une GGT élevée s’associe aussi à un terrain cardiométabolique moins favorable. Plusieurs cohortes ont relié des GGT hautes à un risque cardiovasculaire plus important, non pas comme cause directe mais comme marqueur d’un mode de vie ou d’un métabolisme à optimiser. L’intérêt de corriger ces anomalies dépasse donc la seule santé du foie.
Solutions pour normaliser les taux
La stratégie gagnante combine l’identification de la cause avec des changements simples et mesurables. Si l’élévation est modérée, un essai d’hygiène de vie bien conduit pendant 6 à 8 semaines suffit souvent à faire baisser des alat élevés et des GGT. Quand une cause précise est retrouvée, le traitement ciblé s’y ajoute.
Des études cliniques montrent qu’une perte de poids progressive, une alimentation de type méditerranéen et la réduction des sucres ajoutés améliorent rapidement le bilan hépatique. Chez beaucoup de personnes avec alat élevés liés à la stéatose, le chiffre décroît dès le premier mois si les habitudes changent vraiment.
Alimentation et modes de vie
- Arrêt de l’alcool pendant 4 à 8 semaines, puis reprise encadrée si possible. L’abstinence transitoire est l’outil le plus rapide sur la GGT.
- Perte pondérale de 5–10 % quand il y a surpoids. C’est la fourchette la mieux associée à une baisse de l’ALAT et de la stéatose.
- Alimentation méditerranéenne: légumes, légumineuses, poissons, huile d’olive, noix. Réduire sucres ajoutés, boissons sucrées et produits ultra-transformés.
- Activité physique: au moins 150 minutes/semaine d’effort modéré, plus 2 séances de renforcement. Monter d’un cran chaque semaine.
- Sommeil de 7 à 8 heures, gestion du stress, et revue des médicaments avec le pharmacien pour limiter les molécules hépatotoxiques.
Exemple concret: pendant 30 jours, supprimez l’alcool, remplacez les sodas par de l’eau pétillante, composez l’assiette avec 50 % de légumes, 25 % de protéines maigres, 25 % de féculents complets, et marchez 30 minutes après le dîner. Recontrôlez les enzymes au bout de 6 à 8 semaines pour objectiver la baisse.
Quand consulter un médecin
Certaines situations justifient une évaluation médicale sans tarder: jaunisse, urines foncées, selles pâles, douleur sous les côtes droites, fièvre, confusion, ou saignements inhabituels. Une consultation s’impose aussi si des alat élevés apparaissent après un nouveau médicament ou un complément alimentaire, pendant la grossesse, ou chez une personne à consommation d’alcool importante.
Sur le plan biologique, il faut consulter si l’ALAT ou l’AST dépasse plus de 3 fois la normale, si les taux montent rapidement d’un contrôle à l’autre, ou s’ils restent élevés au-delà de 6 mois malgré des mesures de mode de vie. Un premier recontrôle à 6 à 8 semaines est souvent proposé pour confirmer la tendance.